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 La rencontre ....

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robinson 57

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MessageSujet: La rencontre ....   Mar 26 Juil 2016 - 14:03

Résumé d'une rencontre, d'une après-midi où s'entremêlent, souvenir et nostalgie, . Un récit sans prétention , j'ose à peine à croire, que ses quelques lignes  donneront l'envie à d'autres que moi, d'écrire avec leurs mots, autour de la pêche , sur la pêche cette passion qui nous réunit .Bien sûr ce récit n'est pas parfait, il est fait de mes mots, des mots jutes et sincères . Dans ce monde de technologies ou l'information, se diffuse au travers d'image et symboles, le récit écrit est, et doit rester, le socle pour le partage de nos émotions ; avec ces  lignes, réelles ou imaginatives, je ne sais plus tant cette personne entoure ma vie, j'espère y être arrivé .

-------------

Il fait très chaud ce 11 juillet 2016, cela fait maintenant plusieurs jours que la canicule s'est installée sur la région . Les prévisionnistes de Météo France annoncent, que des records de température pourraient être battus dans les jours avenir ; le thermomètre devrait dépasser les quarante degrés localement . Je quitte mon travail, je suis sur les rotules , la tournée fut pénible, avec des températures supérieures à vingt degrés la nuit, il devient difficile d'avoir un sommeille réparateur . Sur le chemin du retour, je passe devant "chez Lisette ", le café unique commerce restant du bourg . Sur la terrasse ombragée, un groupe d'habitué refait le monde . J'hésite un instant , mais la soiffe et la chaleur finiront, par me convaincre de m'y arrêter un instant . Les quelques mètres ,qui me séparent de cette halte improvisée sont vite parcourus. D'un geste de la main, je salue la tablée sur la terrasse, de vieilles connaissances, compagnons d'embuscades . je pénètre ce lieu, que je n'ai pas visité depuis deux mille douze, déjà à cette époque, celui-ci ressemblait à un musée, il n'a guère changé; le bar en formica rouge des années soixante est toujours en place, la tapisserie aussi jauni par des années de tabagisme; que dire du mobilier, chaises et tables dépareillés ,que des nappes Vichy peine à recouvrir. Le plancher en chêne ,semble résister aux outrages du temps , pourtant il date de la reconstruction du café, en mille neuf cents quarante huit; l'établissement fut détruit en novembre mille neuf cents quarante cinq, par un incendie provoqué par un poêle à bois défectueux .



Au centre des tables et sur le comptoir, des cendriers jaunes et bleus ,d'une célèbre boisson anisée égayent l'atmosphère; des guirlandes de fanions tricolores, ainsi qu'un écran plat complète le décor, souvenir d'une finale perdue, de rêves brisés . Peu de clients sont présents en ce début après midi, ça débat foot et stratégie, évidemment des discours confus ,ou joie, tristesse, peine et haine se mêle; à entendre les difficultés d'élocution de certain, le débat doit être entamée depuis quelques heures, ça parle fort , trop fort .  
Je prends place à une extrémité du comptoir, de fraiche auréole ,m'indique que je ne suis pas le premier à m'accouder cet endroit, échange d'amabilités avec la tenancière du lieu, et quelques banalités plus tard; je passe commande d'une boisson désaltérante . Sur une étagère face à moi, des trophées poussiéreux, me rappellent mes années de présidence de clubs ,de bons moments mais aussi de belle galères . Le débat footballistique qui se poursuit dans la salle, devient de plus en plus hurleur  ; tout ce bruit me stresse, et me fatigue encore un peu plus.  Je décide de fuir ce monde et trouve refuge sur la terrasse, au passage, je chaparde le journal local pour me tenir informé des derniers potins .


Quelle est agréable cette terrasse, totalement désertée maintenant, l'ombre du grand marronnier, planté en mille huit cents cinquante par des élus bonapartismes, apporte une fraicheur relative. La belle ambrée, tant attendue est enfin arrivée, fraiche et apaisante, coiffée d'un joli chapeau de mousseline blanche, comme si elle aussi, souhaitait se protéger du soleil, un pur moment de plaisir . Le quartier est déserté petit à petit , emporté par une forme de léthargie, comme anesthésié par la chaleur devenue suffocante; lentement l'activité urbaine s'estompe, les derniers riverains ont trouvé refuge derrière des murs épais de pierres, dans leur bâtisse fraiche aux volets clôt, la vie continue . Je peine à garder les yeux ouverts, la lecture des derniers potins devient problématique, mes paupières ,tels des rideaux métalliques ne cessent de se fermer, lourdes et chargées par le poids d'une journée commencée il y a bien longtemps maintenant . Alors que dans le lointain, autour de l'étang Mélusine résonne le chant des grenouilles, bercé par le bruissement des feuilles du grand arbre remarquable, le sommeil m'emporte, de plus en plus loin vers le pays des songes, seuls les cris stridents des hirondelles, demoiselles aux robes blanches et noires, virevoltant dans le ciel à la recherche de nourritures, parvieent à me ramener à la réalité de brefs instants . Pendant un de ces moments d'éveil, je distingue en bas de la rue, une silhouette assise sur un vélo qui peine à remonter cette rue  entièrement recouverte, de pavés gallo-romains qui mènent à l'église, la fatigue à raison de moi, le sommeil ,me rattrape à nouveau ,sans avoir pu identifier ce cycliste en difficulté...




" Tu fais la sieste ? Fainéant ! "
  
Surpris par cette lourde voix, Je tressaute sur ma chaise de bois , mes yeux qui s'ouvrent poussivement ,me révèlent l'identité de ce timbre vocal qui m'interpelle avec tant de force. Poster devant moi, tenant d'une main un cycle hors d'âge, s'essuyant de l'autre main, son visage rougeoyant ruisselant de transpiration avec un mouchoir, aux motifs de damier bleu et blanc, mon ami Pépé ! C'était donc lui que j'avais entraperçu, il y a quelques minutes, qui peinait tant à remonter la rue . Après un accueil chaleureux de ma part, je l'invite à se reposer un instant en ma compagnie. 
 
" Tu vas trouver la misère, faire du vélo avec cette chaleur, à ton âge, ce n'est pas sérieux  ! "  

Ma mise garde restera sans réponse, lui préféra tourner son regard vers la tenancière qui lui servait déjà son canon; du fond de sa salle elle avait reconnu la voix,  si particulière de l'un de ces clients habituels,, je profite de l'occasion, et commande un expresso pour me requinquer, maintenant que je suis en bonne compagnie autant en profiter un peu . La terrasse ombragée fait du grand bien à mon invité, son visage s'éclaircit petit à petit , on échange sur les actualités du moment, le Brexit, l'euro 2016, les festivités pour la fête nationale à venir … Le cœur n'y est pas en ce milieu d'après-midi, Pépé est songeur, ses pensées sont ailleurs, inhabituel pour lui , d'habitude si loquace et abondant de bons mots.  Je m'interroge, il me dit être las, fatigué par la vie, usé moralement; je suis attristé de le voir ainsi. Je tente de dérider l'ambiance avec des traits d'humour , lui les ponctuent d'un Léger sourire, son regard embué trahi sa peine ; le décès de son épouse ,au mois de mai, fut est un choc rude à surmonter pour lui, cinquante deux ans de vie commune, reste les objets, photos et un caveau fleuri pour se souvenir. Pour chasser l'émotion qui nous envahit, j'appelle la tenancière à la rescousse . 
 
" Deux canons s'il vous plaît "  

Pépé, me lance un clin d'œil tout en acquiesçant  ma décision, en une fraction de seconde on vient de passer de l'émotion à des choses plus futiles; il ne faudrait pas que cette après-midi se transforme en embuscade, face à moi se trouve un spécialiste des opérations extérieures et j'ai longtemps eu la réputation ,de ne jamais refuser une mission . On divague autour de notre passion commune, la pêche, même s'il refuse que je lui attribue le qualitatif de pêcheur, son parcours dans le monde halieutique le contredît. Cinquante années de sa vie consacrée à la pratique pêche sous toutes ses formes, en mille neuf cents soixante neuf, Neil Armstrong fut le premier homme à marcher sur la lune, lui fut un des premiers, à s'intéresser à la pêche de la carpe dans la région Est, bien avant tout les autres. Soixante douze années de présence dans l'association de pêche "Les hérons Hombourgeois ," où il occupa toutes les fonctions au sein du bureau directeur, puis comme membre bienfaiteur, jusqu' à cette mascarade déguisée en assemblée générale, un soir de décembre deux mille douze ou il claqua définitivement la porte de ce monde. je profite de ce moment de légèreté, pour tenter de soutirer des informations sur sa vie de pêcheur. 
 

'Dit moi Pépé c'était comment la pêche avant ? "



" Aahhhh le bon vieux temps! Cela fait longtemps maintenant, et les souvenirs s'évanouissent peu à peu de ma mémoire . Enfant, la pêche était mon activité préférée, avec mes frères dès que l'ont le pouvaient, on se précipitait au bord du Ru . Je pêchais avec ce que la nature nous donnait, des mouches, vers, porte bois; en été , les œufs de fourmis étaient un excellent appât pour la vandoise ou l'ablette, à cette époque je ne savais pas faire la différence entre les deux , maintenant je ne sais plus . C'était l'après-guerre, mes parents n'avaient pas beaucoup d'argent , mon père travaillait à la mine, ma mère s'occupait de nous; pour améliorer les fins de mois, elle allait faire le ménage chez la famille Grignant, au château . Mon père, nous achetait les accessoires de pêche chez Monsieur Guibert, au bureau de tabac du coin, une bobine de florence, plombs et quelques hameçons vendus à l'unité, soigneusement rangés dans des petites pochettes en papier de soie, des choses dont il fallait prendre particulièrement soin; les flotteurs étaient faits de plumes ou des bouchons de liège sculptés . Les dimanches je me levais tôt, mes camarades considéraient cela comme une corvée, pour moi un moment privilégié, quitter la maison, et voir la naissance de l'aube qui vient chasser les ombres mystérieuses de la nuit, reste un instant unique . Marché dans l'herbe gorgée de rosée, l'air frais qui finit de réveiller, les fils de la vierge qui se collent au visage, entendre le bruit de l'eau, qui se mêle à une nature qui redevient active; découvrir la rivière noyée de brumes, que le courant finit par emporter, me rapprochait du bonheur .

Bien sûr mes débuts furent laborieux, distrait par cette nature qui m'entourait, les araignées d'eau et leurs longues pates qui se déplaçaient tels des patineurs, la couleuvre avec sa petite tète et son corps ondoyant, les ragondins qui m'observaient de loin qui disparaissaient sous l'eau, aux moindres de mes gestes, les mouche, les moustiques qui venaient me chatouiller, et puis les plongeons incessants tel des éclaires de couleurs, du prince de la rivière, le martin-pêcheur, comment rester concentré avec un pareil spectacle ? Parfois je surprenais mon flotteur, je le voyais, monter descendre et au final s'enfoncer brutalement sous la surface de l'eau; je relevais la ligne, et voir un poisson accroché au bout, me remplissait de joie . Quand les eaux du Ru étaient trop hautes, j'accompagnais mon père au marais; d'ordinaire ce lieu m'était interdit, mes parents craignaient que je m'y noie, mon père connaissait parfaitement l'endroit, il y entretenait des coups régulièrement; il lui arrivait aussi d'y poser quelques nasses, pratique qui était formellement interdite en ces temps-là.. 


Il était entouré d'une vaste forêt de roseaux, dont le chant était assourdissant par jour de vent. Là-bas la pêche ne s'improvisait pas, c'était le domaine de la tanche, la carpe que l'on voyait et quand capturait jamais, de l'écrevisse et de l'anguille . Les coups étaient préparés plusieurs jours à l'avance ; mon père avait sa mixture secrète pour préparer les coups, du blé bien cuit, des pommes de terre , du son et de la terre de taupinières ;il en préparait des sceaux entiers . Tous les soirs à la belle saison, avant la tombée de la nuit, il partait au marais avec son vélo pour amorcer . Le lendemain on y allait pêcher en fin d'après-midi, mes devoirs scolaires achevés, et mon père rentré de la mine; quand je voyais ma mère préparer l'eau de café, je savais que la soirée serait destinée aux tanches, le trajet se faisait sur les portes bagages du vélo, tenant la musette dans mes bras, mon père au guidon.  
La traversée de la roselière était pénible, des nuées de centaines de moustiques nous assaillaient, la vase noire, qui collait à nos souliers rendait la marche pénible . Sur place, mon père montait de grandes cannes en bambou, les lignes solides étaient réglées de manière à ce que l'esche, traine largement sur le fond, le plus souvent deux grains de blé bien cuits et gonflés. Trop lourde pour être tenu en main en permanence, les cannes étaient posées sur des supports fait dans des branches de noisetier . Debout derrière en silence, nous observions la surface de l'eau, nos flotteurs immobiles, souvent je rêvassais pendant cette attente, alors d'une poussette du bras, mon père me rappeler mes obligations de surveillance .  

L'apparition de grosses bulles était le signe annonciateur des premières touches, je ne quittais plus mon flotteur des yeux; d'abord de légers tremblotements, puis il se déplaçait lentement, vers la droite marquait un temps d'arrêt, puis il se déplaçait vers la gauche, à nouveau vers la droite en s'enfonçant, c'était à ce moment précis, que mon père donnait le top pour ferrer . L' appelle à la messe de vingt heures, sonnait la fin de la récréation, l'heure de plier bagage, de refaire le chemin inverse . Rentré à la maison il fallait encore s'occuper de nos prises, sans oublier la part du chat, la tête et les tripailles; jamais plus de trois, quatre, tanches, une grosse brème ou un petite carpe les jours fastes. Ma mère excellente cuisinière, don que sa mère lui transmit, avait l'art pour confectionner de savoureuses  sauces, pour accompagner ses mets, ça faisait un repas à peu de frais pour le lendemain . Et aujourd'hui, que reste-t-il de ses endroits où j'ai passé mon enfance et mon adolescence ? Rien ! Absolument rien !  


La création de la plateforme chimique à Saint Breux, une véritable catastrophe! Cela fait plus de cinquante années qu'elle rejette ses déchets toxiques dans la rivière? et le lotissement des primevères, Il pollue pas avec son réseau d'assainissement douteux ? Je te posse la question . Regarde le Ru aujourd'hui ! C'est devenu est égout à ciel ouvert ,je le sais bien un plan de re naturalisation est prévue, des centaines de milliers d'euros vont être dépensés pour quel résulta, il faudra attendre des années avant de revoir une vie aquatique se développer . Bah! ça servira de lieu de quiétude pour les colverts . Et le marais ? tu n'as pas connu ! Recouvert par la zone commerciale, une belle opération financière pour la commune ! Pour améliorer la vie des concitoyens dixit monsieur Muller ancien maire . Ah ! Avant j'achetais ma baguette chez le père Louis, lui il faisait un très bon pain c'était là où il y a le kebab . Aujourd'hui ,pour acheter ta croute tu es obligé de faire quinze bornes ! A Paris assis dans leurs beaux bureaux ! les politiciens nous parlent de protection de la couche d'ozone , impact carbone, quelle bande de cons !  

Mais parlons plutôt de la pêche, sinon je vais me fâcher, quand je m'énerve ce n'est pas bons pour ma tension a dit le docteur . Dit moi, tu étais la pêche ces derniers jours ?  Ne me répond pas, je connais ta réponse ! Pas le temps, tu travailles, trop chaud ou la Moselle est en crue, toujours une bonne excuse ! Si c'est pour rester avec le cul à la maison, pas besoin d'acheter une carte! Autant envoyer les sous par la poste à la fédération ! Et bien moi, quand je pêchais avec des cannes à lancer, j'y allais dès que j'avais du temps, qu'l fasse beau ou qu'il pleuve, à l'étang des Grignant. Maintenant c'est devenu l'étang Mélusine, ils l'ont vendus, à la société de pêche au début des années soixante dix . On n'était pas nombreux à pêcher cette eau, dans ces année-là, et puis le matériel était très onéreux, je me souviendrais toujours du clic, clic à chaque tour de manivelle de mes premiers moulinets . La carpe intéressait peu de pêcheurs, c'était surtout le gardon, l'ablette ou la tanche, le brochet et la perche, en hiver pour les plus aguerrit . En été, je montais parfois sur le pont du chemin de fer; pour leur jeter des quignons de pain et les regarder se dorer au soleil . Chez les Grignant aussi il y avait des grosses, quand l'eau était claire je les voyais nager, je fantasmais sur leurs tailles .  

Je pêchais souvent avec le fils Guibert, c'est lui qui m'a montré comment faire, pour attraper mes premières carpes . IL utilisait une sorte de ressort qu'il remplissait d'amorce, et un long empile au bout du quel était noué un hameçon triple; cette technique était efficace, la mixture de mon père en guise d'amorce , et des cubes de pomme de terre cuitent lentement avec une gousse d'ail, comme esche .Plus tard je me suis acheté deux petites clochettes, pour fixer sur les cannes comme sa je pouvais faire la sieste et ne plus avoir les yeux rivés sur les fils .Et puis il y a eu monsieur Robson, un pêcheur du comté du Kent, en Grand Bretagne qui est venue s'installer dans le bourg, avec lui beaucoup de choses va changer, certaines en mieux d'autres en pire .À l'époque il y avait peu de pêcheurs qui pêchaient spécifiquement la carpe, il y on avait aussi beaucoup moins dans les étangs, aujourd'hui elles pullulent dans nos eaux . Avec lui ,je vais découvrir le montage au cheveu, un montage qui a révolutionné la pêche pour longtemps . Après tout c'est enchainé très vite, la bouillette, l'évolution permanente du matériel, le respect du poisson la pêche de nuit ...  

Mais bon sa tu connais, je n'ai pas besoin de te le raconter, hein ! Ah c'était bien avant!  Pas de querelles, pas de secrets . Beaucoup trop commerciale maintenant, tout l'équipement est meilleur,  il y a tellement plus de choix, bouillettes, particules, d'autres appâts de fantaisie par centaines, ma pension, suffirait à peine pour me payer une canne et un moulinet .Toutes ses   personnes qui utilisent la pêche pour leurs propres gains, ça se reflète au bord de l'eau , tout le monde veut être une star de la carpe .Regarde comme les étangs sont en train de se transformer en réserve à gibier aquatique, où les habitants sont nommés, et portent les cicatrices des captures précédentes . Tout ce désir, n'est que source de trafics, et polémiques . Vous avez faits quoi, de cette passion que nous avons essayé de transmettre et partager . Rien ! Vous êtes sur le point de tout gâcher, tout ce travail fait en amont n'aura donc servi à rien ! tu sais, la pêche est comme on le veut, mais le plus important et que tu pourras toujours trouver un endroit, calme et paisible, dans un grand environnement, y poser tes cannes et ton fauteuil, faire une sieste, et prendre un ou deux poisson, renté le soir calme , libéré des contraintes de la vie . Pose toi la question, pourquoi tu aimes tant cette passion, retrouve le chemin initiatique qui t'a mené vers elle . " 

Sur ces derniers mots, mon ami se lève et quitte la terrasse une envie pressante . L'après-midi est bien avancée, le soleil a quitté son zénith depuis longtemps. Un véhicule se gare à proximité de la terrasse, deux personnes en descendent et se dirigent vers moi, je reconnais monsieur Keller le maire, mais pas le second . Arrivé à ma hauteur, monsieur Keller me salue et me présente la personne qui l'accompagne . Il s'agit du directeur de l'hospice Saint-Luc , ils sont à la recherche de monsieur Dumoulin, alias "Pépé " disparu depuis treize heures de l'établissement . Je leur confirme qu'il est bien là, et que nous avons passé une partie de l'après-midi ensemble, je lis le soulagement sur leurs visages . Depuis le décès de son épouse, mon ami réside dans cet hospice, ces enfants trop éloignés de la région, le jugeant incapable de subvenir à ses besoins . À son retour Pépé à comprit, une fois de plus la récréation est terminée. Monsieur le maire lui demande poliment de les accompagner; sans dire un mot, il saisit son veston, me demande de prendre soin de son vélo . Le trio quitte la terrasse, la voiture démarre, quelques mètres plus loin, une main me salue à travers une fenêtre entre ouverte, elle tourne à gauche, c'est fini . Je me dirige vers le comptoir,  nos consommations de l'après-midi réglées , Je quitte le café, le vélo dans une main, ma musette dans l'autre, l'ombre des façades retrouve maintenant la rue, l'air est doux, on est jeudi le marchand de primeurs klaxonne, peu à peu  la vie reprend ces droits, moi je poursuis mon chemin ...


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Dernière édition par robinson 57 le Lun 17 Sep 2018 - 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Mar 26 Juil 2016 - 21:51

C'était le bon vieux temps, comme disait mon père !!! Un fin pêcheur à la ligne !!! BRAVOO


Je suis pêcheur de carpe(s), pas carpiste ...
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Mar 26 Juil 2016 - 22:48

Beaucoup de vrai là-dedans.
Mais aucune situation n'est figée. Tout, absolument tout est en perpétuel mouvement.

J'ai moi-aussi connu les triples sur lesquels on enfilait soit une patate soit un gros bouquet de vers de terre.
Dans les années 50 et 60, j'ai connu un petit étang à proximité d'une forêt de pins, rasée la forêt ! A la place, des centaines de véhicules d'importation et une usine de chimie.

                       Jean


Il n'y a de fromage gratuit que dans les pièges à rats.
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Mer 27 Juil 2016 - 23:10

En rentrant du boulot je me connecte comme d habitude 
J ouvre ce message et sa longueur me force à le refermer aussitôt !  Effectivement, le titre, l auteur méritait que je me pose correctement et que je déguste à juste hauteur ce récit ..... 

C est devant mon thé que j ai apprécié chaque ligne de cette histoire, 

Le monde à changé, l Homme à changé et ces lignes nous rappelent quelques valeurs bien oubliées voire pas connues pour certains

Merci de nous avoir fait vivre ce moment de partage avec "pépé"


Très certainement le genre de récit qui devrait alimenter les magazines de peche à la place de certaines publicités....


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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Jeu 28 Juil 2016 - 22:03

Gérard,

Tout d'abord je tiens a m'excuser de ne pas t'avoir répondu en MP comme je te l'avais promis ? Embarassed
Ensuite en ayant lu ton histoire et ta rencontre avec "pépé", je ne peux que saluer ce récit  cheers

Jean a du apprécier tout particulièrement....tout comme moi d'ailleurs nickel

Ce sont ce genre de récits qui font que les idées reçues ne restent pas simplement au stade de la réflexion mais deviennent des réalités au quotidien
Chapeau l'artiste... Wink


Etre Alsacien, c'est être un peu comme Dieu....mais en mieux ! Laughing
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Jeu 28 Juil 2016 - 22:46

@Roger a écrit:



Très certainement le genre de récit qui devrait alimenter les magazines de peche à la place de certaines publicités....



Il ne faut pas exagérer Embarassed  je suis d'accord ces mieux qu'une double page de pubs ............dans les années 70













@Pêcheur67 a écrit:
Gérard,

Tout d'abord je tiens a m'excuser de ne pas t'avoir répondu en MP comme je te l'avais promis ? Embarassed






Pas de soucis  Cool   j'ai fais à ma sauce   Laughing Twisted Evil


Rien ne calme les passions comme la pêche à la ligne- divertissement philosophique que les sots ont tourné en ridicule comme tout ce qu'ils n'ont pas compris! (Théophile Gautier)  


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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Sam 3 Fév 2018 - 3:38

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.........  Nous étions là à contempler le jardin, les grands châtaigniers  avaient perdu leurs habits verdoyants, seul subsistait de grandes silhouettes sombres avec à leurs pieds un épais tapis de bronze. En cette fin d’après-midi dans un ciel rougeoyant déjà à l’horizon apparaissaient les premières migrations des grands échassiers, l’aquilon avait définitivement fini par emporter l’été, laissant dans son sillage les premiers frimas annonçant un hiver précoce.


 «J’aime cette saison observer la nature qui se prépare à un long sommeil, parcourir  les sous-bois  et sentir les odeurs  d’humus, s’assoir un petit instant sur un rondin de bois observer l’écureuil  farouche dissimulé les dernières  noisettes ou la musaraigne  besogneuse faire le plein de son terrier. S’assoupir adossé contre un vieux chêne bercé par les mélodies désordonnées du vent traversant ces branches noueuses en rêvant des beaux jours passés. Mais dit moi as-tu attrapé des carpes ces dernières semaines ? »



 «Sa bricole un peu et avec les chaleurs de cet été  ce n’était pas très réjouissant, l’envie et la passion  sont intactes  il me manque juste un peu de motivation, sinon  je remettrais cela à l’année prochaine »


 « Pourtant je t’en avais déjà averti, par de fortes chaleurs le poisson mord mal et tu ne prendras rien autant dormir. Si la lassitude n’a pas eu raison de ta motivation retourne sur les bords de la rivière où tu as été malchanceux cet été, les feuilles tournoient dans le ciel, et les chaleurs ont cessé. Pourtant il reste encore de beaux jours à venir avant que les eaux soient glacées, soit opportunistes et quelques perches ou brochet viendront récompenser tes efforts.


Si le vent et la pluie viennent à contrarier tes labeurs pêche près du bord, le long de la rive, les poissons se cachent dans les obstacles immergés ou sous les buissons surplombants la rivière. Mais peut-être aimerais tu aller à la chasse, la saison vient de commencer ne dit-on pas que la chasse est la sœur de la pêche. J’aimai parcourir vallons et collines boisées à la recherche de quelques mures ou autres baies sauvages, cueillir le cèpe la chanterelle et les pieds bleus. Courser le faisan, la perdrix ou rester embusqué au coin du bois à attendre le cochon et la chevrette est un loisir qui me donnait autant de plaisir que de traquer le brochet aux leurres.



 En regardant en arrière je peux dire que j’ai vécu une vie merveilleuse au contact de cette nature. Enfant j’étais toujours en bas sur les bords du ruisseau avec mon seau et ma canne  à la recherche de gougeons. Durant des heures j’observais ma ligne dérivée au gré du courant, c’était mon plaisir et seulement la nuit pouvait y mettre fin. Les gougeons  se font rares  aujourd’hui certainement à cause de la pollution. Quand je vais me promener le long des rives du ruisseau la vie semble avoir disparu, maintenant de temps en temps tu peux encore voir quelques hérons dans la prairie en quête  de limace, une honte.


Quand j’étais jeune l’excitation provoquée par l’envie d’aller au contact de la nature  était plus fort que tout. J’ai dormi, rêvé de pêche et de chasse. Avec mon vélo j’ai parcouru tous les bois, toutes les collines, pêché tous les étangs et rivières du pays. Bon je vais finir par te lasser avec mes histoires ! Tu as vu de fortes chutes de pluies  serais prévu pour  ce soir et cette nuit, nous avons certainement besoin de la pluie, certaines de nos rivières  ont besoin d'un gros appoint d’eau et le niveau des étangs  n’a  jamais été si bas, mais le sol est encore très dur et un  risque d’inondation est à prévoir  »


Le temps d’avaler un café accompagné d’une part de tarte à la pomme le silence nous entoure un bref instant.


«Mais autrefois les hivers étaient bien plus rigoureux. Nous avions l’habitude, quand nous allions à l’école on allait se blottir autour du poêle à charbon pour nous réchauffer et sécher nos mentaux et chaussettes. À la maison l’intérieur des fenêtres était recouvert d’une couche de givre, parfois si épaisse que l’on pouvait y dessiner. À l'approche de Noël, le temps d’un weekend, on allait rendre visite à ma grand-mère maternelle, on y allait pas très souvent 2 à 3 fois dans l’année, Noël, Pâques  ou encore pendant les vacances d’été pour apporter notre aide aux travaux des champs. Bien sûr nous ne disposions pas de voiture  un luxe hors de prix et inatteignable pour mes parents.  Monsieur Grignant nous faisait les voyages allés et retour avec sa Citroën  Rosalie en contrepartie il était remercié par une volaille, un lapin ou une bouteille d’eau de vie. Malgré sa réputation de voiture fiable pour son époque les trajets étaient toujours entrecoupés de pannes, à vrai dire le châtelain négligeait outrageusement sont bien.


 C’était un petit village d’à peine 400 habitants en ce temps-là avec un commerce unique, faisant office d’épicerie, quincaillerie, droguerie, on y trouvait de tout, du beurre, sucre, des clous, des pelles, des tapettes à souris… Elle habitait dans une maison typique de cette région rurale. Au rez-de-chaussée une grande cuisine qui faisait office de pièce de vie, c’est là que se déroulait la majorité des activités. Une pièce secondaire en guise de salle à manger, elle servait uniquement pour les grandes réunions de famille c’est là que se trouvait la plus belle armoire, le plus beau vaisselier décorés de colonnettes, d’étoiles et fleurs sculptées dans la masse. À l’étage supérieur 3 chambres, l’une pour les garçons, la seconde pour les filles et la dernière réservée pour les parents et bien sûr la ‘rache kamer ‘ lieu essentiel pour la fumaison et conservation des charcuteries. Plusieurs autres dépendances complétaient le bâti, un sellier avec son schwinn Kessel, une grange une étable, complété par deux autres bâtiments de taille plus modeste qui abritaient les lapins et les cochons, sans oublier le potager et le poulailler et l’incontournable tas de fumier devant la maison, jalons servant à estimer la richesse des propriétaires.



Veuve depuis longtemps est malgré les rudesses de la vie à cette époque, elle avait su seule, élever ces 6 enfants. Une femme juste et généreuse mais aussi exigeante,  et la branche de noisetier qu’elle conservait à porter  de ses mains servait à nous rappeler nos écarts de conduite. C'était la période du « tue le cochon » tradition aujourd’hui quasiment disparue mais  à l’époque chaque famille du monde rurale  effectuait ce rituel  gourmand. Monsieur Paul un voisin et ami de ma grand-mère était la personne désignée pour effectuer cette tâche, il connaissait les gestes, certes ce n’était pas un boucher plutôt un braconnier, grâce à cette expérience d'hors la loi il avait acquis les compétences  nécessaires  pour sacrifier la bête sans souffrance. Les enfants du village le craignaient, et je l’avoue moi aussi un peux. Une rumeur persistante parcourait les foyers en ces temps-là, le désignant comme être le boucher ayant  mis les enfants au saloir dans la légende de Saint Nicolas. Gamin j’avais le droit de l’assister dans ces préparatifs, il m’incombait de faire tourner la meule de pierre à cadence régulière sans oublier de verser un filet d’eau sur celle-ci en continu, pour qu’il puisse aiguiser au mieux ces longs couteaux.


Préserver pendant mes premières années, adolescent  je pouvais désormais participer pleinement à la fête et mettre les mains dans la maie. La veille de la mise à mort du cochon désigné, celui-ci bénéficiait d’un traitement de faveur, sa litière était changée, ces rations améliorées et augmentées, de bien  faibles consolations pour lui. Ça se déroulait toujours le matin par temps  froid et peu humides conditions nécessaires pour assurer la bonne conservation de la viande. Le scénario était bien rodé, mon père et mon oncle Michel étaient chargés de ramener la bête dans la grange monsieur Paul l’attendait un mégot de tabac gris au coin de la bouche. Dans la cuisine de grands chaudrons  d’eau chaude attendaient sur le fourneau, ils serviront plus tard pour le dernier bain du sacrifié.



Par tradition ou croyance les couteaux étaient dissimulés de la vue du cochon, la porte de la grange se refermait, d’un coup d’assommoir bien placé il s’écroulait, aussitôt saigné par le boucher amateur. Le sang s’écoulait de sa gorge ; liquide que ma grand-mère récupérait dans de grands récipients  émaillées, il servira plus tard dans la confection du boudin. Placé dans la maie les quatre pattes en l’air il était prêt pour son dernier bain, une corde placée sous son dos et avec des mouvements de va-et-vient il était rasé , puis suspendu sur une échelle la tête en bas, vidé  il allait attendre le lendemain pour être découpé, puis transformé en pâtés, terrines, saucisses, salaisons … 


 À Noël  les premières saucisses étaient dégustées, nous avons toujours eu un sapin de Noël dans mon enfance il était souvent décoré avec quelques boules et de petite bougie  je me demande encore aujourd’hui comment on a fait pour ne pas mettre le feu à la maison .  Je me souviens de ses nuits qui précédaient la fête tant attendue,  ou je restai éveillé au fond de mon lit à observer à travers des lames des volets clos, l’obscurité du ciel pour apercevoir le père Noël et son traineau, des  moments inoubliables.  Au petit matin nous avions toujours une orange des noix ou des dates en guise de cadeaux, si l’on était chanceux un père Noël en pain d’épice ou  une tablette de chocolat.



 C’était il y a tellement longtemps nous n’étions pas bien riches, mais nous avons toujours eu un beau Noël, des choses simples suffisaient à notre bonheur. Mais cela a tellement changé, Juste encore une grande fête  au prix financier insensé  qui finira par faire disparaitre la coutume. 

 
Pour en revenir à la vie sauvage, je me souviens de ses aurores hivernales entourant les arbres endormis, du ciel gris anthracite au-dessus des grands saules, dès nuit recouverte par les étoiles scintillantes, des ombres fantomatiques projetés par la lune  sur les champs brillants recouverts de givres. De ses sentiers tracés par les vents, qui me guidait au hasard  vers des endroits inconnus combien de fois j’ai marché dans les bois, dans les champs recouverts de neige  épaisse ? Combien de fois j’ai erré dans cette nature, dans ce monde féerique orné de cristaux de glace ou la vie semble suspendue, ou le vent  glacial porte du fond des bois  le seul bruit que tu puisses entendre, celui d’un pic frappant le tronc d’un arbre.


C’est un moment propice pour suivre un lapin  grâce à ces traces qu’il laisse et qui se détachent  dans la neige, de le surprendre en train  de ronger l’écorce d’un jeune arbre pour apaiser sa faim. Apercevoir un blaireau avec ça épaisse toison grise profitée d’un rayon de soleil bienfaisant. En levant les yeux vers le ciel gris annonçant de nouvelles chutes e neige, surprendre un geai alors qu’il passe du sommet d’un arbre dévêtu  à un autre. Voir au loin au-dessus des champs une buse décrivait  des cercles autour de sa future proie imprudente. Le long  du ruisseau sur la rive gelée,  sous  les saules recouverts de neige,  tu peux voir les traces laissées par les oiseaux aquatiques qui ont marché sur la neige fraiche, là-bas à l’étang les poissons en dormance attendent les premiers signes du printemps, c’est bien une saison merveilleuse l’hiver un moment de tranquillité  et de paix, dans ce  temps si précieux  qui nous fuit.


J’ai  grandi avec la nature et l'ai aimé toute ma vie, j'ai passé des moments merveilleux  sur les chemins, j'ai aimé les bois même la nuit. Je me suis assis derrière mes cannes  face au vent  qui poussait l’écume mousseuse  à mes pieds, croiser le vol d’un hibou, fantôme silencieux des nuits de pleine lune entendu le cri métallique résonant  du grèbe  ou le gloussement de la poule d’eau dans l’obscurité,  tant de fois. Surprendre la silhouette du poisson convoité surgir des profondeurs, assis sur un vieux sac sous un  chêne aux branches étendues comme des bras  gigantesques qui avaient résisté à des siècles d’intempéries. Attendre tremblant, enveloppé dans une couverture cette touche désiré, ferré le moment venue et enfin découvrir dans le faisceau  de la lampe la beauté qui se cachait sous les eaux. Je pensais à tous ses anciens qui avaient pêché ce lieu avant moi et qui me l’avaient laissé en héritage, mais le chant du coq me ramenait toujours à la réalité, les étoiles finissaient par s’évanouir dans l’aube, c’était le moment pour quitter ce monde de magie, accompagné sur le chemin du  retour  par le vol des colverts qui s’en allaient dans les champs de chaume ; les yeux fatigués par la nuit  je regagnai la maison ou un lit bienveillant m’attendait.


Comment les choses ont changé tout ce que nous avions dans ma jeunesse était la nature. Nous venions juste d'avoir l'électricité je pense que c’était pendant l’année 1947 jusque-là, il y avait des lampes à huile et la cuisson se faisait sur une ancienne cuisinière à charbon, c'était également  le seul chauffage que nous avions dans la maison.



La vie était tellement amusante les accessoires  de pêche étaient qu’un bonus et la chose  précieuse que j’avais été  la liberté je pouvais  sortir du matin au soir sans  rentrer à la maison mes parents me savait  en sécurité  »



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La nuit avait fini par nous rejoindre comme prévu la pluie  l’avait accompagnée, on l’entendait tomber à grosses gouttes frappant la grande baie vitrée .Les stores électriques s’abaissaient doucement  dissimulant définitivement  le jardin. L'heure du souper approchante il était temps  pour Pépé de rejoindre, accompagné d’une charmante infirmière,  les autres résidents dans la grande salle commune. Après ce long moment de partage je quittai la résidence en promettant à ma prochaine visite de rapporter le  vélo de mon ami. Et déjà égoïstement  je pensai à demain, à demain  matin quand j’emprunterais ses chemins bordés de sillons luisant, dans les lueurs du jour naissant, ses mêmes chemins qu’empruntait Pépé qui mène vers nos rêves .....


Rien ne calme les passions comme la pêche à la ligne- divertissement philosophique que les sots ont tourné en ridicule comme tout ce qu'ils n'ont pas compris! (Théophile Gautier)  


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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Sam 3 Fév 2018 - 10:58

Salut,

Fidèle description de la vie dans notre monde rurale à l'époque de nos parents et grands parents.
J'ai connu "Pépé" ou son frère jumeau qui nous rapportait le même témoignage.
Témoignage d'un autre temps d'une autre époque, plus authentique que la notre.
Plus rude certe ...
Ces témoins disparaissent les uns après les autres
Il nous reste maintenant notre memoire ainsi que ces écrits....et la nature que nous pouvons contempler.
Alors sachons en profiter Shocked
Merci Gerard
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Sam 3 Fév 2018 - 12:20

bien belle lecture ! Merci Gérard


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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Lun 5 Fév 2018 - 21:39

beau et émouvant , merci Gérard


Bien que ce soit sans aucun doute la raison pour laquelle la plupart des pêcheurs vont pêcher, prendre quelque chose n'est que la cerise sur un délicieux gâteau. (Rob Beattie)
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MessageSujet: Re: La rencontre ....   Sam 10 Fév 2018 - 1:22

Je me reconnais dans bien des passages de ce texte.
Et j'aime aussi beaucoup la citation de Théophile Gautier.


                   Jean 


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La rencontre ....

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