Les techniques ancestrales
A NOTRE AMI JEAN
LA PÊCHE A LA PELOTE
Pour pêcher à la pelote, le matériel est très simple, mais doit être robuste. La canne peut être en bambou noir et se terminer sur un bon scion de la grosseur d’un fort crayon. Elle peut être également en bambou refendu, genre canne à saumon pour pêcher à deux mains.
Si l’on pêche en bateau, peu importe la taille de la canne, qui peut avoir de 2 à 4 mètres. Si l’on pêche de la rive, la canne plus longue est utile. La gaule doit être munie d’anneaux et d’un porte- moulinet. Sur ce dernier, on fixe un moulinet à bobine fixe, dont le tambour à une taille suffisante pour contenir 75 mètres de Nylon 40/100, qui constitue la ligne.
Il n’est pas nécessaire de pêcher avec une empile de Nylon d’une section différente de celle du corps de ligne. Comme toujours, il est préférable de frapper (monter) l’hameçon directement au bout du 40/100. Les hameçons pour pêcher la carpe vont du n° 5 au n° 8, suivant les esches. Il faut les choisir fort de fer : les hameçons forgés en forme ronde, légèrement renversés, sont ceux qui conviennent. On doit entretenir leurs pointes aussi piquantes que possible, en les affûtant, au besoin, avec une pierre du genre India.
Pour maintenir la pelote et permettre son immersion sans qu’elle se désagrège, le procédé, indiqué par Louis Matout, de la rondelle de liège n’a jamais été détrôné : c’est celui que nous conseillons. Nous avons toutefois modifié le montage originel de la façon suivante : la rondelle de liège est enfilée directement sur le Nylon (avant que l’hameçon soit fixé au bout de la ligne) et arrêtée à 50 cm au-dessus de la pointe de l’hameçon, par un plomb fendu serré sur le fil. Il n’y a pas lieu de faire un montage plus compliqué. Lorsque la rondelle est passée sur le Nylon, il suffit de frapper l’hameçon et la ligne est terminée.

La
pelote est constituée de terre et d’amorces. Pour la terre on peut se
servir d’une glaise assez grasse, convenablement pétrie pour lui donner
de la fermeté. On incorpore dans la terre, par malaxage, de la pomme de
terre, du pain, des grains de blés écrasés, bref de l’appât de même
nature que celui que l’on se propose de mettre au bout de l’hameçon.
L’hameçon
étant esché, on fait avec une petite poignée de terre à pelote une
petite boulette de la grosseur d’un œuf. Dans cette boulette, on
emprisonne la rondelle de liége et, à la suite, l’empile, qu’on love,
ainsi que l’indique le croquis ; enfin, l’hameçon est également inclus
dans la pelote à sa partie terminale ; le tout est rebouché. L’action
de pêche est statique ; on prend la canne en main, le moulinet étant
ouvert, on descend doucement la pelote là où l’on désire qu’elle pêche.
Une fois qu’elle est arrivée à destination, on tend légèrement le fil
au moyen du moulinet, que l’on bloque sur l’anti-retour, tout en
réglant le frein assez léger. Ce réglage est important : il doit
permettre le ferrage automatique du poisson et obvier à une casse
éventuelle sur un départ en trombe.
Lorsque tout le dispositif est à l’eau, il ne reste plus qu’à attendre que le poisson vienne s’emparer de l’appât. Si le coup se trouve en eau calme, tout va pour le mieux selon les indications précédentes. Mais si le courant est rapide, tout se passe exactement comme pour la ligne flottante : la pression de l’eau sur la ligne tendue provoque des vibrations qui se font sentir jusque sur la pelote et empêchent le poisson de mordre.

On
peut remédier à cet inconvénient en intercalant, entre la pelote et la
canne, une seconde pelote de terre pure, sur laquelle le vibrations
viendront s’amortir sans pouvoir se transmettre à la pelote terminale,
qui demeure ainsi pêchante. Ce dispositif ingénieux est également dû à
Louis Matout.
On peut remplacer la seconde pelote, destinée à amortir les vibrations, par une pierre pas trop lourde, cerclée d’un fil lui-même attaché sur la ligne. Le fil d’attache doit être suffisant pour supporter le poids de la pierre lorsqu’on met la ligne à l’eau, mais doit pouvoir casser sur in départ brutal du poisson, de façon à ne pas être une gêne pendant la lutte.
Article proposé par notre ami Dédé, Rédacteur et modérateur




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